Épisode 34

La presse, ça eut payé

Pour plusieurs générations d’étudiants, le métier de journaliste a longtemps été abordé comme une passion : un emploi noble, utile, avec du sens, presque un job d’intérêt public. Mais depuis plusieurs années, entre digitalisation, crise des médias et plans sociaux, la profession se précarise. Où est le point de bascule entre faire ce qu’on aime et pouvoir en vivre ?
C’est le dilemme d’Anne-Claire Genthialon, pigiste dans un quotidien national. Cette “bonne élève”, comme elle se décrit elle-même, a beau travailler en permanence, l’argent ne rentre pas, ou pas assez pour vivre décemment. Malgré tout, elle se convainc que ce n’est qu’une question de ténacité, de patience, de temps. Le CDI de ses rêves finira bien par arriver.
Car elle en est sûre : le travail finit toujours par payer.
De cette attente et des nombreuses déceptions qui l’accompagnent, Anne-Claire Genthialon a tiré un livre, Le piège du métier-passion, paru aux éditions Alisio.
Elle y raconte les tarifs très bas, la charge mentale des pigistes toujours sur la brèche, les doutes qui s’installent, et les relations parfois toxiques que l’on entretient avec les métiers trop aimés.
Quand les places sont chères, qui paie l’addition ?
Ce témoignage étant dense, nous l’avons coupé en deux parties. Celle-ci est la première.

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