Épisode 42

Vendre 3 000 livres, c'est bien. Gagner 4 000 euros en deux ans, c'est chaud.

On la connaît bien, la figure romantique de l’artiste fauché, qui écrit à la lueur de sa dernière chandelle.
Mais on imagine moins qu’un écrivain publié chez Gallimard, chroniqué dans les médias, invité sur les plateaux et salué par la critique puisse, lui aussi, avoir du mal à vivre de sa plume.
C’est ce que raconte Franck Courtès dans son dernier livre, À pied d’œuvre. Il y décrit sa longue descente, palier après palier, dans une précarité qui n’a rien de poétique.
Dans sa vie précédente, il était photographe de presse. Il gagnait très bien sa vie, photographiait des stars, des patrons, des artistes, voyageait, travaillait pour de grands titres. Puis il décide de faire de l’écriture son métier.
Sauf qu’en devenant écrivain, il ne divise pas ses revenus par deux. Plutôt par vingt ou trente.
Alors, pour continuer à écrire, il accepte des petits boulots physiques : monter des meubles, débroussailler des jardins, descendre des gravats, louer ses bras sur des plateformes où la main-d’œuvre se négocie à la baisse.
Franck Courtès raconte la schizophrénie d’un métier qui le comble mais ne le nourrit pas. Le prestige symbolique d’un côté, les sardines, les pois chiches, le RSA et les missions payées au lance-pierre de l’autre.
Et on se pose cette question très simple : combien coûte la liberté de faire ce qu’on aime ?

N’oubliez pas de soutenir Thune sur Tipeee pour que l’aventure continue en toute indépendance

PLUS D'ÉPISODES

mariage binational

Mariage binational : après l’amour, les comptes !

Un épisode anti "d'amour et d'eau fraîche"
mère bipolaire

Thune et handicap : une mère bipolaire, une fille garde-fou

Aimer, aider, budgéter
Charlotte Montpezat

Freud, Lacan… et notre compte courant – épisode 2/2

Votre psy est aussi dans votre portefeuille
michael dayan

Il a une conciergerie de luxe : il est riche, au service des riches

Les confidences d'un "concierge" de luxe
Trafic, pots-de-vin et piscines gonflables : gérer sa thune en prison

Trafic, pots-de-vin et piscines gonflables : gérer sa thune en prison

En prison, l'argent est roi
Vivre de la BD : comment ne pas perdre la bulle ? Avec Mademoiselle Caroline

Vivre de la BD : comment ne pas perdre la bulle ? Avec Mademoiselle Caroline

Une question pas si comic